Newsletter – Mars 2020

 






A la une 

L’actualité est dominée par l’épidémie du coronavirus qui touche la France et la plupart des pays du monde. C’est un événement sanitaire exceptionnel aux conséquences humaines et économiques majeures. Notre lettre d’information sur les risques du moment ne saurait passer sous silence cette épidémie. Alors que la gestion de crise bat son plein, l’heure n’est pourtant pas encore au bilan ou retour d’expérience en matière de gestion des risques.

Aussi avons-nous sélectionné un article qui apporte un éclairage différent, en soulignant les opportunités possibles liées à cette épidémie. En effet, le coronavirus pourrait avoir un effet durable positif en contraignant les entreprises à expérimenter de nouvelles façons de faire et en accélérant certaines évolutions déjà en cours. Ainsi la généralisation du travail à distance pourrait être synonyme d’économies significatives (réduction à court terme des frais de déplacements, voire à long terme des coûts immobiliers…). Par ailleurs, la nécessaire reconfiguration des chaînes d’approvisionnement induite par le virus permettrait de réduire dépendance aux fournisseurs et vulnérabilité aux perturbations. Ces changements non choisis pourraient ainsi représenter des opportunités pour les organisations.

Pourquoi l’épidémie de Covid-19 pourrait bénéficier aux entreprises

Les risques du moment, analyse et réflexion 

Urgence climatique : zoom sur le devoir de vigilance des entreprises
S’appuyant sur les obligations au titre de la loi sur le devoir de vigilance, l’association de défense de l’environnement Notre Affaire à Tous (NAAT) souhaite interpeller certaines multinationales sur leurs impacts climatiques. En effet, la loi de 2017 contraint les entreprises à mettre en œuvre un plan de vigilance afin de prévenir les atteintes graves aux droits humains ou aux libertés fondamentales, mais également à l’environnement. Les groupes sont notamment responsables de leur impact environnemental à toutes les étapes de la production et de l’utilisation de leurs ventes. Le système d’évaluation mis en place par NAAT, principalement basé sur la transparence en matière d’incident sur le climat, montre que 20 des 25 multinationales notées obtiennent un score en-deçà de 50% (100% correspondant à un respect total de la législation). Parmi les griefs de l’association, on trouve notamment le fait que certaines entreprises intègrent le climat dans leur document de référence mais pas dans leur plan de vigilance, que la composition des sources d’énergie n’est pas toujours divulguée ou encore qu’aucun objectif de limitation de température, dans le respect de l’Accord de Paris, n’ait été fixé.
Devoir de vigilance climatique : 25 multinationales françaises épinglées

Gestion des risques  des PME et ETI : le passage à l’action reste difficile
L’assureur QBE vient de publier son troisième baromètre de la Gestion des risques des PME et ETI en partenariat avec Opinion Way. L’étude souligne les fortes progressions que les entreprises ont faites dans l’instauration de la culture du risque au sein de leur organisation, mais fait également ressortir la multitude de difficultés qu’elles rencontrent encore dans la gestion structurée de leurs risques. En effet, même si pour 40% des répondants, la gestion des risques est considérée comme un facteur de compétitivité au même titre que l’innovation et la recherche et développement, de nombreux facteurs empêchent encore les organisations de déployer des politiques de gestion des risques. Parmi les difficultés les plus citées, on trouve notamment le manque de temps et de ressources, le coût des solutions ou encore la nécessaire conduite du changement.
Par ailleurs, une grande majorité des répondants (86%) affirment que le niveau d’exposition auquel ils sont confrontés est en progression ou stable. Si les risques humains et les risques marché sont les deux expositions les plus redoutées actuellement, le risque cyber inquiète de plus en plus les entreprises répondantes.

La gestion des risques : enjeu crucial pour les PME er ETI françaises

La probabilité, contrepoids à l’incertitude ?
Dans cet article, Mike Walsh auteur du livre The Algorithmic Leader : How to be smart when machines are smarter than you se penche sur la question de la prise de décision dans un monde où nous ne manquons pas de données, en soulignant que c’est moins la quantité de données qui importe que la manière dont elles encadrent notre pensée. Il recommande ainsi de développer un état d’esprit probabiliste. En effet, l’être humain a tendance à considérer les situations de deux manières : soit les événements sont certains et peuvent donc être gérés par une planification, des processus et des budgets, soit ils sont incertains et ne peuvent pas être gérés. Or, il existe une approche différente se fondant sur les recherches du statisticien anglais Thomas Bayes. Bayes a découvert que pour diminuer une incertitude de résultats, il suffit de mettre à jour les connaissances en incorporant de nouvelles informations pertinentes au fur et à mesure qu’elles deviennent disponibles. L’auteur rappelle que la pensée bayésienne a été utilisée tout au long de l’histoire moderne et a influencé la conception de l’IA et des techniques d’apprentissage des machines ; il souligne également que de telles approches sont aujourd’hui mises en place dans certaines entreprises américaines telles que Amazon, Alphabet ou encore Spotify.
Develop a « Probabilistic » Approach to Managing Uncertainty

Actualité gouvernance, réflexion et tendance

Le syndicalisme fait sa révolution verte
Face à l’urgence climatique, l’association Printemps écologique s’est donnée pour objectif de guider les entreprises dans la création du premier « éco-syndicat » qui allie justice sociale et transition écologique. Onze syndicats verts sont actuellement en cours de lancement dans des entreprises de taille variable, dont 5 dans des sociétés du CAC 40. L’association ambitionne d’en créer 100 d’ici la fin de l’année et de compter 20 000 membres, contre 1 000 actuellement. En autorisant la double adhésion, Printemps écologique espère créer des alliances avec les syndicats traditionnels et intégrer ainsi pleinement les enjeux environnementaux au dialogue social. La promotion de pratiques écoresponsables à toute échelle, l’adaptation des modes de gouvernance à l’impératif écologique ou encore la neutralité carbone dans chaque établissement sont les principaux chevaux de bataille de l’association.
Urgence climatique : le premier « éco-syndicat » va faire son entrée dans les entreprises françaises

Gouvernance : un mal nécessaire pour les entrepreneurs ?
Les entrepreneurs sont souvent réticents à l’instauration d’un processus de gouvernance. Concentrés sur le court terme, le financement et la stratégie de développement, ils cherchent à protéger l’agilité, l’audace, la collaboration collective et la maîtrise non partagée de l’entreprise qu’ils ont fondée. C’est souvent sous la pression de certains événements que des entrepreneurs se résolvent à structurer leur gouvernance. Il peut s’agir par exemple d’une introduction en bourse, d’une hausse significative du nombre d’employés, de l’entrée d’un fond d’investissement dans le capital ou encore de l’explosion du chiffre d’affaires. A cet instant, s’opère une véritable transformation de l’entrepreneur en chef d’entreprise sous réserve que les bénéfices de la gouvernance (qualité des décisions sociales, connaissance partagée et intégrée des risques, remontée des informations…) soient bien compris et appréhendés.

La gouvernance vécue par l’entrepreneur

Entreprises : la quête d’une gouvernance responsable
De plus en plus d’entreprises cherchent via leur modèle économique à améliorer leur impact et donner du sens à leur activité. Le réseau Morning Coworking a lancé la « semaine de l’impact » pour découvrir et s’inspirer des organisations qui ont développé des modèles de gouvernance responsable. Tout d’abord, certaines organisations ont choisi de se faire labéliser B Corp (actuellement 100 en France), un certificat venu des Etats-Unis qui fait référence aux benefit corporations. Ce sont des entreprises qui s’inscrivent dans une démarche de responsabilité en modifiant leur statut, en engageant les actionnaires et partie prenantes et en inscrivant l’impact recherché dans leur objet social. D’autres organisations, sans nécessairement chercher le label B Corp ou pour s’y préparer, se soumettent à l’évaluation extra-financière BIA (B Impact Assessment) pour se procurer un état des lieux de leur performance et se fixer des objectifs. D’autres organisations poussent le concept encore plus loin, en devenant des sociétés à mission, à l’instar du fonds d’investissement Citizen Capital. Dans ce modèle d’entreprises, les engagements (que la loi PACTE appelle « objectifs ») sont inscrits dans les statuts avec la mission, un comité de mission est créé et la mission est validée par un tiers indépendant… autant dire qu’il s’agit d’un long cheminement pour définir sa raison d’être.  
Gouvernance responsable : comment améliorer son impact et donner du sens à son activité ?

Pour aller plus loin

Comment faire de la fonction Achats une alliée de l’innovation
Pour sa 7ème édition le Forum du Collaboratif – qui a réuni 150 professionnels de la fonction achats, décideurs et experts – s’est concentré sur les moyens de faire gagner en maturité la fonction achats et de transformer la gestion des risques en opportunités à saisir. En effet, exerçant une fonction de première ligne dans l’acquisition de ressources nécessaires à la transformation et au développement de l’entreprise, les acheteurs sont amenés à gérer un certain nombre de risques externes (dépendance fournisseur, approvisionnement, juridiques…) et à jouer un rôle clé dans les organisations qui ont besoin d’augmenter leur capacité à innover. Les participants estiment indispensable de développer des relations partenariales avec les fournisseurs, permettant aux acheteurs d’acquérir des savoir-faire spécifiques ou des compétences non présentes en interne et donc de faciliter le développement de nouveaux produits. Certaines entreprises vont encore plus loin et mettent en place des fonctions achats innovation, chargées de faciliter et d’accompagner leur capacité d’innovation.
La collaboration clients-fournisseurs, pour transformer la gestion des risques en opportunités

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