Newsletter Janvier 18






A l’orée de 2018, les risques qui planent sur le monde

Comme tous les ans au mois de janvier, le Forum Economique Mondial publie son très attendu Global Risk Report. Pour la deuxième année consécutive les thématiques environnementales sont la principale préoccupation. En effet, 2017 a été marquée par des ouragans dévastateurs, des tempêtes et températures extrêmes, ainsi que par la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris. Les risques cyber sont quant à eux également croissants, avec les attaques NotPetya et WannaCry, des incidents de ce type auparavant considérés comme exceptionnels, sont désormais de plus en plus fréquents. Côté géopolitique, l’aggravation des tensions économiques et surtout politiques entre les grandes puissances préoccupent d’avantage les experts en 2018. Enfin, les indicateurs économiques de cette 13e édition suggèrent qu’après des années de crise les perspectives deviennent positives, ce qui permettrait aux dirigeants de se concentrer sur des vulnérabilités « historiques », souvent reléguées au second plan.
The Global Risk Report
Les 10 risques qui menacent le monde en 2018

Les risques du moment, analyse et réflexion 

 
Facebook : réseau social de fausses informations ?
Dans un article publié par le Monde au mois de décembre, le journal dresse un portrait alarmant de la diffusion d’informations fausses ou erronées sur Facebook. D’après une étude menée sur l’année 2017, plus de 2 800 publications douteuses ont été relayées des millions de fois sur le réseau. Les décodeurs identifient deux types de relais avec des motivations souvent distinctes : d’un côté il y a ceux qui par leur idéologie diffusent des « informations alternatives » et de l’autre ceux qui cherchent à générer un maximum de clics et de ce fait des revenus publicitaires. Ce sont ces derniers qui publient de manière « industrielle » des fausses informations parfois grossières, on se souvient tous de la femme qui a donné naissance à un bébé de 20 kilos…
Pour plus d’informations sur l’étude du Monde :
Facebook, voyage au cœur de la machine à fausses informations

 

Les cinq signaux faibles d’un scandale éthique
Bien que la fraude, la corruption et de façon générale les scandales éthiques diffèrent par leurs causes et leurs effets sur les organisations, une étude publiée dans le Harvard Business Review identifie cinq traits, dans la culture d’entreprise, communs à toutes les crises éthiques. Par exemple l’isolement géographique des équipes, la lutte pour la survie de l’entreprise ou l’urgence de résultats favorisent la corruption. La complexité organisationnelle, sans cadre hiérarchique bien défini est également un terrain propice aux comportements malhonnêtes, souvent ignorés par la direction. Enfin, l’absence d’un discours interne clair et ferme sur le respect des règles d’éthique augmente le risque d’un scandale de ce type.
5 signs your organization might be headed for an Ethics Scandal

 

Climat : un sujet chaud pour les entreprises
Originellement très réticentes aux questions climatiques, les entreprises multinationales ont commencé à s’intéresser au sujet au cours des années 2000. Aujourd’hui elles initient des solutions techniques et managériales en la matière. En France, près de cent grands groupes ont pris part au French business climat pledge (un engagement pour la réduction de l’émission de gaz à effet de serre), affichant ainsi leur ambition de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Ils entendent déployer 325 Mds d’euros en recherche développement et financement pour limiter les taux de CO2. Cette nouvelle prise de position a également eu un effet positif sur le comportement des citoyens et sur leur appréciation des questions climatiques.
1992-2017 : comment les entreprises ont évalué sur la question climatique
Climat : près de 100 grands groupes français investiront 320 milliards d’euros

Actualité gouvernance, réflexion et tendance

Sapin 2 : les recommandations de l’Agence française anticorruption passées au crible
Ophélia Claude et Pauline Dufour décryptent dans un article paru sur le site de Dalloz, les recommandations définitives de l’Agence française anticorruption (AFA) sur la mise en œuvre des obligations annoncées par la loi Sapin 2. Leur analyse se concentre sur les points suivants : le principe d’engagement des instances dirigeantes dans la prévention et la détection de faits de corruption, la mise en place d’un code de conduite, le dispositif d’alerte interne, la cartographie des risques, le processus d’évaluation des tiers, les procédures de contrôle comptable, le dispositif de formation et de contrôle interne. Si l’AFA éclaire certains aspects de la loi parfois vagues, en précisant par exemple les formes que l’engagement des dirigeants doit prendre dans la lutte anticorruption, elle a également tendance, selon les auteurs, à dépasser son champ de compétences, en étendant la protection des lanceurs d’alerte par exemple.
Consultez l’intégralité de l’article ici :
Décryptage des recommandations définitives de l’Agence française anticorruption.

Administrateurs salariés : votre heure est arrivée !
Telle au moins est la conviction ultime de Christopher Clerc, avocat et professeur à Science Po, interrogé par les Echos sur sa vision de l’entreprise et l’organisation des conseils d’administration. L’expert s’alarme du retard des entreprises françaises dans l’implication des salariés au niveau de la gouvernance. Actuellement la loi prévoit dans la plupart des cas la présence d’un seul salarié au niveau du conseil, ce qui est insuffisant pour peser réellement sur les décisions. Or la motivation de ce type d’administrateurs est grande, étant donné les risques auxquels ils sont exposés : en cas de changement de stratégie, ils peuvent être licenciés. On peut remarquer que d’autres pays européens sont bien plus en avance, ainsi en Allemagne les conseils d’administration sont souvent composés à parité de représentants des salariés et de dirigeants de l’entreprise.

Christophe Clerc : « Dans une entreprise, les salariés aussi prennent des risques »

Stratégie, finance et gouvernance : un triptyque clé
Conjuguer ces trois éléments permet souvent d’expliquer les réussites, les difficultés, voire les faillites de certaines entreprises. Par exemple, on s’aperçoit que le projet d’entreprise et la stratégie qui lui est associée sont souvent liés à la gouvernance  (familiale pour une pérennité sur le long terme, start-up pour se concentrer sur la croissance par l’innovation…). De plus, si la finance et la stratégie forment un couple indissociable, pour être mise en place toute stratégie a besoin de ressources, c’est au chef d’entreprise que revient le choix de la direction à suivre. Par exemple, là où le professionnel de la finance sera tenté de se concentrer sur le cœur de métier, le stratège sera tenté quant à lui d’investir dans la diversification du portefeuille. Dans un monde en constante évolution, certains experts  conseillent par ailleurs le développement de nouvelles relations, avec d’autres domaines (marketing, système d’information…), avec des sciences humaines et sociales ou encore entre générations…
Conjuguer finance, stratégie et gouvernance d’entreprise

Pour aller plus loin

Coup de pouce pour l’actionnariat salarié
L’actionnariat salarié, une pratique bien ancrée dans la culture des entreprises françaises, connait ces dernières années un ralentissement dû à l’instabilité fiscale, mais également à la complexité des procédures de mise en place. En effet, on peut remarquer, que l’attribution gratuite d’actions est en forte baisse ces dernières années. Dans le sillage d’un amendement à la loi de finances 2018 visant à harmoniser la fiscalité des dispositifs favorisant ce type d’actionnariat, le gouvernement Philippe entend redynamiser l’actionnariat salarié à travers le projet de loi pour la croissance et la transformation des entreprises. Les experts soulignent que pour augmenter l’efficacité de ce type d’actionnariat, il est important d’associer les salariés aux questions de gouvernance. Certaines organisations leurs accordent déjà une place au sein du conseil d’administration par le biais d’une association : Valoptec.
Les promesses de l’actionnariat salarié

 

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